Élevage de Rampan : la fin de la dynastie Savary

Élevage de Rampan : la fin de la dynastie Savary

Rédigé le 10/06/2019
Paul Dubos

Avec le décès samedi, de Georges dernier frère de la dynastie des Savary de l'élevage "Rampan" à St Côme du Mont dans La Manche, c'est une page de l'histoire du cheval de sport Normand qui se tourne.

Le fief de la famille Savary, c'était le majestueux manoir de Rampan, surplombant les marais du Cotentin et où naquirent onze enfants entre les deux guerres, onze enfants tous concernés par les chevaux tant du coté féminin que masculin. Quatre restèrent célibataires, au manoir familial pour l'entretenir et exploiter la centaine d'hectares dévolus aux vaches et aux chevaux, Thérèse, une des 3 sœurs a qui rien de ce qui concernait la beauté interne et externe du manoir n'échappait, Henri le responsable des bovins qui trayait encore à la main il y a une dizaine d'années et puis Jean et Georges qui entretenaient une bonne centaine de chevaux (aucun poulain n'était vendu sous la mère) et qui étaient un peu plus connus car présents sur les concours tant hippiques que de modèle. Tous les autres frères et sœurs mariés, agriculteurs, demeuraient dans un rayon d'une quinzaine de kms.

Un élevage traditionnel 

Cet élevage important, discret mais connu, plutôt traditionnel, a fourni pendant plus de 50 ans de solides et bons chevaux, tant aux cavaliers amateurs que professionnels (Andalou D-Jean Yves Touzaint; Quos Vadis et Champ d'Amour-Michel Frigot ; Omnibus III et Kréma de Rampan-Jacques Friant; Saint Côme-Florian Angot) etc... Egalement parmi les premiers à pratiquer l'étalonnage privé dés 1970 avec Quo Vadis (Plein d'Espoir), puis Lieu de Rampan (Quastor), Saint Côme (Grand Veneur), Tricolore (Lieu de Rampan), les Savary fonctionnaient un peu en circuit fermé et familial, n'utilisant comme mode de promotion que le bouche à oreille. Ainsi ces étalons n'ont pas connu le succès qu'ils auraient mérité en particulier Lieu de Rampan. L'âge avançant, la fratrie est en train de s'éteindre au moins pour ce qui concerne les activités équestres en l'absence de repreneurs.

 Quel avenir ?

Au manoir de Rampan, Georges, décédé samedi, en était le dernier représentant. L'affixe "de Rampan" va disparaître à l'image d'autres élevages familiaux et traditionnels normands. Seul le bien connu Olivier Brohier, (Cheval Normandie, Stud Book SF), neveu des Savary avec qui il collaborait, élève à Brévands  sous l'affixe "du Phare" comme Sunshine du Phare (R.Y. Bost).

Avant de conclure, nous voudrions reprendre une anecdote relatée dans un article consacré aux frères Savary dans l'Eperon d'Aout 1992 et signé Claude Charnay sous le titre :"Rampan: le repaire des tontons éleveurs". On peut y lire : "Georges a mis au point une technique qui lui a permis de ne manquer aucun poulinage depuis trente ans. La jument est attachée dans une stalle, une ficelle de botteleuse en guise de surfaix. Cette ficelle coulisse dans un clou dans le plafond puis rejoint le poignet de Georges installé pour la nuit dans un lit de fortune dans la stalle voisine. Lorsque la jument se couche, notre ami se voit vigoureusement tiré par le bras et réveillé. Il ne lui reste plus qu'à installer la jument dans le boxe de poulinage. Il lui arrive même de passer la nuit à l'écurie avec quatre ou cinq ficelles autour du poignet" !!!. L'heure des aimants et caméras n'avait pas encore sonné.

Photo :
Crédit : Mademoiselle Thérèse, Georges, décédé samedi, et Jean Savary