Osbourne et Mad du Bosc, piliers du dressage français

Rédigé le 07/01/2021
Emilie Dupont

En ce début d’année, L’Éperon vous propose de vous remémorer ces poneys qui ont marqué l’histoire de l’équipe de France dans les trois disciplines olympiques. Pour ce deuxième volet, place à Osbourne et Mad du Bosc, deux figures incontournables des rectangles de dressage qui ont, tout au long de leur carrière, porté les couleurs de la France et formé les nouvelles générations.

Depuis près de dix ans, Osbourne s’impose comme l’un des poneys les plus emblématiques du dressage français. Avec ses cinq participations aux championnats d’Europe – de 2014 à 2018 – il est assurément l’un des poneys français ayant le plus représenté la France lors de cette importante échéance. Cependant, bien que les reprises déroulées lors chaque événement européen soient toujours correctes et les notes finales constamment supérieures à 66 %, Osbourne et ses jeunes cavalières n’ont jamais réussi à s’imposer face à la redoutable concurrence britannique et allemande… Une chose est sûre : à domicile, l’histoire est toute autre. Car l’alezan ne s’est jamais absenté du podium des championnats de France entre 2014 et 2018 ! Troisième en 2014 et 2015, il parvient à monter la marche précédente en 2016 et y restera jusqu’en 2018. Pourtant, à son arrivée en France, personne ne croyait au talent de ce petit hongre allemand… Personne, sauf la famille Thévenot. En 2012, les parents de Mathilde et Aurore, qui avaient repéré les capacités du poney, décident de le louer et de le préparer aux épreuves de dressage. Neuf ans plus tard, ce projet s’est incontestablement révélé être une véritable réussite. Après deux premières années de compétition sous la selle de Mathilde, l’aînée de la famille, Aurore prend la relève en 2016. Ensemble, ils se classeront notamment 1er du CDIP de Pompadour en 2017 mais aussi 3e du CDIP du Mans et 2e du CDIP de Nice en 2018, avec des reprises avoisinant toujours les 68 %. Désormais, le formidable fils d’Othello âgé de 17 ans continue de jouer les maîtres d’école sous la selle de la jeune Valentine Bineau. Le couple a d’ailleurs fait ses premiers pas sur le circuit international en août dernier lors du CDIP de Pilisjászfalu en Hongrie. 

Mad du Bosc, la polyvalence par excellence

En 2014, Osbourne n’était pas le seul poney monté par Mathilde Thevenot : la jeune cavalière a aussi eu la chance de réaliser une saison aux côtés du célèbre Mad du Bosc (Nabor SL). Une saison relativement brève puisque le couple n’a pris le départ que de quatre compétitions mais s’est tout de même imposé dans l’As Poney Elite du Mans et se classe troisième de celle de Jardy quelques mois plus part. Avant cela, Mad n’était autre que le partenaire de Charlotte Charrier, avec qui il s’est révélé sur la scène internationale et a réalisé ce que l’on peut qualifier d’exploit. Car en 2013, après avoir remporté le Trophée des As lors des championnats de France, le couple se classe cinquième par équipe des championnats d’Europe d’Arrezzo en Italie et réalise ainsi la meilleure performance française depuis près de 35 ans ! À noter que, l’année précédente, le couple avait également été sacré champion de France. 

Et si Mad du Bosc a excellé sur les rectangles de dressage, il est impossible de ne pas aussi évoquer sa carrière sur les terrains de CSO. Déjà remarqué sur le circuit jeunes de 4 à 6 ans, l’alezan brûlé a rapidement gravi les échelons et atteint le niveau Grand Prix. En 2007, il se classe d’ailleurs deuxième de celui du Touquet et s’est, quelque temps plus tard, illustré dans les épreuves Amateur 1 et 2. Après ces belles performances en dressage et en CSO, en 2017 et 2018, Mad a lui aussi endossé le rôle de maître d’école dans ses deux disciplines de prédilection en tournant sur des épreuves Poney Élite et Poney 1. 

Désormais âgé de 21 ans, Mad du Bosc se consacre entièrement à la reproduction. Parmi la centaine de produits dont il est à l’origine, comme le note le site Poney As, certains font déjà bien parler d’eux, à l’image de Barabbas du Ponthouar et Ut Majeur de Janiere, tournant respectivement sur les épreuves As Élite CSO et CCE. En plus d’avoir été un sportif performant, Mad du Bosc s’est donc avéré être un bon père.

Photo : Kaspovar Aurore Thévenot et Osbourne
Crédit : Pauline Bernuchon